Chevreuils & cervidés

Centre Monte Adone

Sasso Marconi, Italie

Après une pose de quelques mois, j’ai repris le bénévolat pour finir l’année et débuter 2015 en beauté. Je suis partie à la découverte de la protection de nouvelles espèces dans un centre de sauvegarde de la faune sauvage en Italie, dans les collines de la campagne de Bologne.

Vue sur les collines de Bologne

Vue sur les collines de Bologne

La Structure

Le centre Monte Adone est un centre qui a été créé en 1989 et qui vient en aide à tous les animaux en détresse, qu’il s’agisse d’animaux sauvages blessés, d’animaux exotiques maltraités dans les cirques ou attractions touristiques, d’animaux de ferme destinés à l’abattoir ou bien d’animaux saisis par les douanes. Le centre, perché au sommet d’une colline des environs de Bologne, est tenu par une famille qui a dédié depuis près de 30 ans tout son temps aux animaux : Mirca, Rudi, et leur fille Elisa. Ils accueillent chez eux une véritable arche de Noé comprenant des animaux allant du tigre du Bengale au hérisson en passant par des lions, lynx, loups, chimpanzés, toutes sortes de singes et de perroquets, vaches, chèvres, moutons, alpagas, émus, poules, tortues, iguanes, chiens, chats, chevreuils, daims, cerfs, chauves-souris, porcs-épics, différents rapaces, différents oiseaux, flamants roses, hérons, … et j’en passe ! Le tout répartis dans des enclos, box, cages ou volières qui entourent la maison familiale.

Sa mission

Venir en aide à tous les animaux en détresse :

  • pour les animaux sauvages, les soigner dans le but de les relâcher en milieu naturel
  • pour les autres, leur offrir un mode de vie confortable jusqu’à leur fin de vie naturelle

Chevreuils et autres cervidés

Les cervidés comprennent plusieurs espèces. En Italie, nous avons des chevreuils, des daims et des cerfs. Ils sont tous de plus en plus impactés par les activités humaines que ce soit l’urbanisation, la réduction des espaces boisés, les activités agricoles, l’augmentation du trafic routier ou la chasse… Les principales causes d’accueil des cervidés au centre sont :

  • des collisions avec des voitures,
  • des animaux perdus en ville,
  • le braconnage,
  • des attaques par des chiens,
  • des jeunes blessés par des machines agricoles,
  • des jeunes récupérés par des particuliers qui pensent, souvent à tors, qu’ils sont abandonnés

Alors que faire pour diminuer notre impacte sur la faune sauvage? Il y a des solutions.

  • être très vigilant en conduisant la nuit en campagne, rouler doucement,
  • si vous trouvez un jeune cervidé seul qui ne bouge pas, généralement, la mère est simplement partie se nourrir et reviendra chercher son petit. Ne pas le toucher car la mère risque de le rejeter en sentant l’odeur humaine. Ne pas le déplacer car la mère va revenir le chercher. S’il est dans un champ cultivé, prévenez l’exploitant afin qu’il ne le blesse pas lors de la récolte.
  • surveiller ses animaux de compagnie,
  • ne pas détenir chez soit des animaux sauvages. Les cervidés imprégnés (apprivoisés) s’avèrent dangereux pour l’homme et sont plus susceptibles d’être victime de braconnage ou d’accident de la route.
  • Lorsque vous trouvez un animal sauvage en détresse, appelez le centre de sauvegarde le plus près de chez vous. Il y en a dans toute la France.

Mon expérience d’écovolontaire

Le travail au centre est divisé en 3 équipes de 2 ou 3 personnes : 1 équipe pour les animaux sauvages du centre de sauvegarde, 1 équipe pour les grands animaux exotiques, et 1 équipe pour les animaux de ferme et autres animaux exotiques non dangereux. Je ne parlerai ici que de la partie sauvegarde de la faune sauvage étant donné que c’est dans cette équipe que j’ai travaillé pendant les 5 semaines de ma mission.

L'équipeLes journées au centre commencent à 7h45. A peine levés, nous commençons directement à faire un premier tour de contrôle de tous les animaux de notre parcours afin de contrôler leur état de santé, voir si les plus faibles ont survécu à la nuit, ou si l’état de certain ne s’est pas détérioré au point de devoir les prendre en charge au plus vite. Il n’est pas rare d’avoir de mauvaises surprises lors de ce premier tour de contrôle. En général, on en profite aussi pour nourrir et effectuer les soins aux jeunes chevreuils qui sont à Villa Daina, un enclos situé au sommet de la colline, la nourriture ayant été préparée la veille. Dès mon premier jour, on m’a montré comment attraper un chevreuil, lui administrer un traitement par voie oral et lui faire une injection intramusculaire.

flamants rosesNous prenons ensuite le petit déjeuner tous ensemble avant de commencer le nourrissage à 8h30. Durant ma période de bénévolat, nous avions dans notre parcours une oie (avec le bec cassé), un jeune sanglier, 6 furets, un pigeon, une tourterelle, un héron, 2 flamants roses, un circaète Jean-le-Blanc (grand rapace), 2 buses, 3 faucons crécerelles, une chouette chevêche, 5 pipistrelles (petites chauves-souris), de nombreuses jeunes tortues terrestres, 6 hérissons, une petite 10aine de loirs gris, de nombreux chevreuils et quelques daims. Sans compter les animaux qui n’ont fait qu’un bref passage au centre comme des porcs-épics (sauvages en Italie) victimes d’accidents de la route. Nous nous répartissons le travail en fonction du nombre de personnes dans l’équipe. Pendant que certains vont s’occuper des cervidés en soin dans les box, d’autres préparent et distribuent la nourriture aux autres pensionnaires diurnes. Découper et peser la viande pour les carnivores, broyer les os pour les rapaces, découper beaucoup de légumes, de quoi remplir 2 seaux pour les cervidés, de la salade pour les tortues, une mixture bien diluée pour les flamants, etc… Lors de la tournée, j’aime descendre dans la forêt où se trouvent les volières des rapaces car j’y croise souvent des renards. Quand je vais nourrir l’oie, il n’est pas rare que je le (c’est un mâle) retrouve en tête à tête avec la vache, en pleine discussion (bruyante, la discussion) ! Le sanglier, mon chouchou, est tout excité quand j’arrive avec sa gamelle et me fout de la boue partout ! Quand il fait froid, je lui mets une montagne de paille pour qu’il puisse dormir à l’intérieur. Il est clairement imprégné et malheureusement pas relâchable dans la nature… ce serait un danger pour les autres (n’ayant pas peur de l’homme, il pourrait s’en approcher et être agressif) et pour lui même (proie facile pour les chasseurs). Lorsque nous avons du temps, on en profite pour faire le nettoyage complet de certaines cages ou enclos.

Chevreuil box

Ce chevreuil ayant un traumatisme crânien avait besoin d’aide pour boire et manger.

Dans les box des cervidés, la plupart des pensionnaires sont en soin ou sous traitement. Certains ont des pattes cassées, d’autres un traumatisme crânien ou de la diarrhée. Le matin, nous devons désinfecter les sabots de l’un, purger le pus d’un autre, nettoyer les fesses de ceux qui ont la diarrhée, faire des injections sous-cutané à certains, intramusculaires à d’autres, donner des compléments alimentaires, mettre une perfusion aux plus faibles, etc… Beaucoup des traitements administrés sont naturels ou homéopathiques, les autres sont prescris par un vétérinaire qui passe toutes les semaines. Puis nous nettoyons les box les plus sales, changeons toute la paille que nous chargeons dans des brouettes pour en remettre de la propre. Nous distribuons la nourriture et le foin. Les animaux étant très stressés par notre présence, tout ceci doit se faire dans un calme absolu avec le plus de discrétion possible.

L’après-midi, nous reprenons le travail à 15h30 pour faire une 2ème tournée de nourrissage chez les cervidés, les furets, le sanglier et l’oie avant de nourrir les animaux nocturnes comme les loirs, hérissons, pipistrelles et la chouette chevêche. Nous préparons les légumes pour le lendemain matin et nous nettoyons l’infirmerie. Un soir, j’ai eu le privilège d’aller aider au nourrissage des 2 loups du centre. Ils sont dans de grands enclos bien à l’écart et accessibles qu’aux responsables afin d’éviter au maximum le contact humain. Étant eux aussi destinés à être relâchés, ils doivent garder un comportement complètement sauvage. Nous leur déposons le cadavre d’un chevreuil décédé il y a quelques jours en guise de repas avant de repartir au plus vite. Il n’est pas rare que nous devions retourner à l’infirmerie durant la soirée ou la nuit pour effectuer des soins à certains pensionnaires.

Parfois de nouveaux animaux blessés arrivent au centre. Souvent victimes d’accidents de la route, ils arrivent en mauvais état. C’est Rudi qui part en intervention avec l’ambulance et un bénévole, pour les récupérer. Il n’est pas rare que les animaux meurent pendant le transport ou peu de temps après leur arrivée, tant leur état est critique. Heureusement, il n’y a pas que de mauvaises nouvelles et beaucoup d’histoires finissent bien avec le relâché d’un animal. Lors de ma mission au centre, nous avons remis en liberté 4 chevreuils et un héron. Le sanglier, quant à lui, est parti dans un parc où il sera protégé des chasseurs.

Mon expérience au centre fut souvent difficile moralement mais très enrichissante !

Devenir écovolontaire au centre Monte Adone

Les écovolontaires sont accueillis toute l’année pour une durée minimale de 20 jours. Le vaccin antitétanique est obligatoire. Les bénévoles doivent payer 80€ à leur arrivée, puis 40€/mois à partir du 2ème mois pour les longs séjours. Les bénévoles sont nourris/logés. Les repas sont pris en communs et préparés par Mirca. Pas de soucis si vous êtes végétarien, végétalien ou intolérant au gluten, des plats spéciaux vous seront préparés. Les bénévoles sont logés soit dans une chambre à 3 lits dans la maison familiale, soit dans un bungalow à côté de la maison où il y a un espace commun et des chambres contenant des lits superposés. Les horaires de travail vont de 7h45 à 18h et il y a 1 jour de congé par semaine. Le centre étant isolé, il est préférable d’avoir une voiture si vous souhaitez en profiter pour découvrir la région. Il est fort recommandé d’avoir des notions d’italien car l’anglais est peu parlé, et encore moins le français. Immersion garantie ! Bon à savoir :  la connexion internet est très fluctuante, de mauvaise à inexistante.

Pour faire une demande, vous devez remplir le dossier de candidature et l’envoyez par mail au centre Monte Adone. Plus de détails sur leur site.

Les aider

Vous souhaitez aider le centre Monte Adone ? Vous pouvez :

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