Oiseaux et hérissons

Centre de sauvegarde LPO

BuOUX, LUBERON

J’ai commencé cette année de bénévolat par 1 mois et demi au centre de sauvegarde de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) à Buoux dans le Luberon et ce fut une expérience très instructive et enrichissante. On veut souvent aller sauver les espèces dans des pays lointains mais on ne se rend pas compte de la richesse de notre faune sauvage en France et qu’elle a plus que besoin qu’on y prenne soin.


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La structure

La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) a été créée en 1912 pour mettre un terme au massacre du macareux moine en Bretagne, oiseau marin devenu, depuis, son symbole. Elle a été reconnue d’utilité publique en 1986. Elle est dirigée par Yves Verilhac et présidée par Allain Bougrain Dubourg. Forte d’un siècle d’engagement avec plus de 46 000 adhérents, 5000 bénévoles actifs, 400 salariés sur le territoire national et d’un réseau d’associations locales actives dans 79 départements, la LPO est aujourd’hui la première association de protection de la nature en France. Elle œuvre au quotidien pour la protection des espèces, la préservation des espaces et pour l’éducation et la sensibilisation à l’environnement. Elle est le partenaire officiel en France du réseau BirdLife International (120 représentants et près de 2,8 millions d’adhérents dans le monde).

Situé dans le Luberon, le Centre de Buoux a été créé en 1996 par le Parc naturel régional qui en est propriétaire. Sa gestion a été confiée en 2006 à la LPO PACA, association de protection de la nature. Pour assurer la tranquillité des animaux et ne pas les habituer à l’homme, le centre de soins est fermé au public, il est géré par l’association grâce au bénévolat, et son fonctionnement est rendu possible principalement grâce à aux dons (60%) et à quelques financements publics en constante diminution (40%).

Sa Mission

La mission du centre de sauvegarde est de secourir les animaux sauvages en détresses de toute la région PACA. Le centre accueille principalement des oiseaux mais également des petits mammifères comme les hérissons, les écureuils et les chauves-souris. Le but est de soigner les animaux blessés et de s’assurer qu’ils pourront se débrouiller dans la nature afin de pouvoir ensuite les relâcher.

Les animaux sauvages en détresse

Certains se poseront peut être la question de pourquoi aller sauver des animaux sauvages qui ne sont pas forcément en voie de disparition. Les animaux se blessent et meurent, cela fait partie de la nature. Ce n’est pas faux mais le problème est que de nos jours et dans nos régions, les principales causes de blessures et de mortalité chez les animaux sauvages sont d’origine humaines. Les animaux recueillis au centre ont principalement été victime :

  • de tirs illégaux par les chasseurs, de nombreux rapaces protégés arrivent au centre plein de plombs
  • de collision avec des voitures
  • de collision dans des vitres
  • d’électrocution dans des lignes haute tension
  • de dénichage des jeunes (suite à des coupes d’arbres par exemple ou à une méconnaissance des espèces qui grandissent au sol)
  • d’accidents de jardinage
  • de captivité illégale
  • de prédation par des animaux de compagnie

Alors que faire pour diminuer notre impacte sur la faune sauvage? Il y a des solutions :

  • être très vigilant en conduisant la nuit en campagne, rouler doucement,
  • mettre des autocollants sur les baies vitrées,
  • surveiller ses animaux de compagnie,
  • ne pas détenir chez soit des animaux sauvages,
  • lorsque vous trouvez de jeunes rapaces à terre laissez les sur place s’il n’y a pas de danger ou remettez les en hauteur, les parents ne sont pas loin
  • Lorsque vous trouvez un animal sauvage en détresse, appelez le centre de sauvegarde le plus près de chez vous. Il y en a dans toute la France. Et trouvez des conseils ici.

Pour chaque cas de tir illégal constaté sur un animal, le centre porte plainte contre X et une enquête est menée par l’ONCFS. La LPO et France Nature Environnement sont en discussion avec ERDF pour tenter de trouver des solutions aux problèmes que posent les lignes hautes tensions à la faune sauvage. La sensibilisation mené par la LPO auprès du public a également un rôle important à jouer pour faire prendre conscience de la richesse et l’importance de notre faune sauvage afin qu’on en prenne soin.

Mon expérience d’écovolontaire

En plein hiver, au mois de janvier, peu après les fêtes, je commence ma première mission de bénévolat en plein cœur du Luberon. La route pour arriver au centre caché au milieu de nul part dans la forêt est absolument magnifique.

Je suis la seule écovolontaire au mois de janvier mais je suis aidée par des bénévoles réguliers jusqu’à l’arrivée de Lætitia, écovolontaire de février. A mon arrivée, je rencontre la petite équipe du centre et je reçois une formation sur l’histoire et le fonctionnement du centre. Après ça je mets les pieds directement dans le bain et j’aide Lola, qui est ici en service civique, a distribuer la nourriture aux pensionnaires.

gavageVoici comment se déroule une journée au centre. Le matin, à l’arrivée à l’infirmerie, on relève les messages du répondeur s’il y en a. Ensuite, on commence le nourrissage des pensionnaires de l’infirmerie, les animaux à gaver en premier. Les rapaces qui arrivent trop maigres et trop faibles au centre sont intubés et gavés à la pattée pour qu’ils reprennent rapidement des forces et puissent supporter les soins. Il y a également des rapaces qui n’arrivent pas à s’alimenter seuls et que l’on doit gaver avec des petits bouts de poussins … oui, vous avez bien lu ! La journée commence généralement par découper des poussins décongelés en petits morceaux. Dur dur, surtout pour une végétarienne. Ça n’a pas été sans verser quelques larmes au début mais on s’y habitue. Donc, une des premières choses que l’on apprend au centre c’est d’attraper un oiseau et le tenir correctement pour pouvoir l’examiner, le transporter ou le gaver. Pour le gavage, l’oiseau est emmailloté dans une serviette afin qu’il ne puisse pas bouger. Cela doit être fait dans un calme absolu pour éviter de stresser l’animal encore plus. Ensuite, on distribue les poussins aux autres rapaces qui se nourrissent seuls. On change l’eau et les graines des tourterelles et on nourrie les petites pipistrelles (chauves-souris) avec des vers vivants.

Ensuite, on s’attaque à la tournée de nourrissage des volières extérieures. Là se trouvent les oiseaux en rééducation, qui se musclent et réapprennent à voler ou refont leurs plumes en vue de leur futur relâché. On distribue les poussins aux rapaces (éperviers, buses, faucons, chouettes, hiboux), une bouillie pour les canards, des croquettes réhydratées et des fruits pour les corvidés, des graines pour les tourterelles… Ensuite viennent les enclos extérieurs des hérissons que l’on nourri de croquettes avec un extra de pattée, de fruits ou même de poussin entier. La tournée terminée, on nettoie toutes les gamelles.

Pesée de hérissonL’après midi, on s’occupe généralement des hérissons de l’infirmerie. Ceux ci sont les plus petits qui ne supporteraient pas le froid extérieur ou bien les nouveaux arrivants en quarantaine. Tous les jours, chaque hérisson doit être pesé pour contrôler qu’il prend bien du poids et voir s’il est prêt à aller dehors. On en profite pour faire une injection à ceux qui sont sous traitement. Tous les 2 jours on nettoie toutes les cages. Il y a un protocole strict à respecter pour éviter toute contamination d’un hérisson à l’autre étant donné qu’ils peuvent être porteur de beaucoup de maladies. Chaque cage de hérisson a sa propre éponge, ses propres gants, ses propres gamelles. A chaque pesée, tout le matériel doit être soigneusement désinfecté.

Le reste du temps, on peut être amener à nettoyer les box, désinfecter et nettoyer l’infirmerie, aider aux soins (pose de bandage, désinfection de plaies, pose d’attelle…), emmener des oiseaux chez le vétérinaire pour effectuer des radios (et même aider à tenir l’animal pendant la radio), aller récupérer des oiseaux chez le vétérinaire, faire des courses, récolter des feuilles mortes pour les hérissons, peser les hérissons extérieurs, réparer les volières, transférer les animaux, participer aux relâchés

Malheureusement, il n’y a pas que de bons côtés. De nombreux animaux arrivent au centre dans un état critique avec des blessures irréparables et beaucoup doivent malheureusement être euthanasiés. D’autres meurent en soins dans les jours qui suivent leur admission. C’est bien triste mais je relativise en me disant que cela vaut mieux plutôt qu’une longue agonie dans la nature. Et lors des relâchés, on se rend compte que cela n’est pas vain, et que l’on aura pu donner une seconde chance à de nombreux animaux malchanceux et il n’y a pas plus belle récompense de nos efforts.

relaché

devenir écovolontaire

Les écovolontaires sont accueillis toute l’année pour une durée minimale d’un mois. Le bénévole est logé dans un ancien château au cœur du Luberon, loin de toute civilisation dans un cadre magnifique. Lors des périodes de forte activité (printemps/été), on peut être amené à partager sa chambre avec d’autres bénévoles mais pour ma part, j’avais ma propre chambre. Les repas ne sont pas pris en charge. Les horaires de travail vont de 9h à 18h et 2 jours consécutifs de congé par semaine sont accordés, hors week-end. Idéal pour découvrir le magnifique parc naturel régional du Luberon. Bon à savoir : la connexion internet et le réseau téléphonique sont très mauvais. Un téléphone fixe est mis à disposition des volontaires pour recevoir des appels.

Aucun frais n’est à prévoir mis à part l’adhésion à la LPO. Pour candidater, vous devez remplir le dossier de candidature et l’envoyez par mail au centre de sauvegarde. Plus de détails sur leur site.

les aider

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