Anne – Ecovolontariat à Amazoonico (Equateur)

AMAZOONICO

TENA, Equateur

Témoignage d’Anne – 1 mois à Amazoonico – juin 2017

Je m’appelle Anne, je suis née et j’ai grandi à la campagne. J’ai toujours été sensible à la disparition des animaux sauvages de leurs milieux naturels, comme par exemple celle des loups et des Ours en Europe. Pendant mes études en école d’ingénieur, j’ai eu la possibilité de réaliser une année de césure (en 2017). J’en ai profité pour faire un voyage itinérant ponctué de missions de volontariat en Amérique du sud. J’ai alors cherché un cadre dans lequel on pourrait avoir un impact concret grâce à notre travail, et non par un gros apport d’argent. Ce n’est qu’après de nombreuses recherche que j’ai découvert Amazoonico.

 

La structure

Amazoonico est un centre de secours pour animaux sauvages situé à Tena, en Équateur (Organisation Non Gouvernementale). Il a été fondé en 1993 par un couple suisse / quichua pour protéger la faune en Amazonie. Son but est de recevoir, soigner et réintroduire des animaux victimes du trafic illégal dans la nature. 

Afin de construire un plan de réinsertion de ces animaux sur le long terme, ils ont créé un autre projet, Selva Viva, exclusivement dédié à la protection de la jungle en travaillant avec les communautés locales (Kichwa). Ce plus grand projet inclut 1750 hectares de forêt protégée, une école trilingue pour les enfants des communautés locales et deux éco-lodges (Liana lodge et Runa Huasi) qui font la promotion de l’éco-tourisme. En effet, l’idée n’est pas de supprimer les principales sources de revenu en supprimant le braconnage, mais de donner les outils nécessaires pour en créer d’autres. Par exemple, l’apprentissage de l’anglais et du tourisme peuvent permettre d’en vivre de manière responsable et réfléchie. 

Le centre fonctionne comme ceci : par ton apport financier (250$ pour 1 mois en 2017), tu finances ta nourriture, la personne qui s’occupe des repas des volontaires le matin et le midi en semaine, la maintenance des infrastructures (bâtiment en bois en pleine jungle, accès à une eau douce filtrée et potable dans le lieu de vie des volontaires, ponts, toilettes et douches, matériel de ménage, de cuisine…). Tout ce qui concerne les animaux est financé par des visites guidées du centre.

En effet, parmi les animaux qui sont amenés au centre, environ 1/3 ne survit pas, 1/3 est soigné et pourra à terme être relâché (comme le paresseux ci-contre) et 1/3 est soigné mais sera trop faible ou inapte à être relâché. Par exemple, pour relâcher un perroquet, il faut lui faire un vaccin très cher après qu’il ait été en contact avec l’être humain, sans quoi il y a un risque qu’il contamine tout l’écosystème avec des germes.

Les visites guidées montrent donc ces animaux inaptes à être relâchés aux touristes. Elles sont réalisées par les volontaires, dans cette optique : montrer les animaux de la jungles aux touristes, qui viennent initialement pour voir des animaux de la jungle comme ils le feraient en allant au zoo, et petit à petit les sensibiliser à ces animaux qui ne pourront plus être autonomes, et leur montrer toutes les conséquences du trafic illégal sur les animaux sauvages (en leur montrant tel animal, comme Michael le singe capucin, et en leur racontant à chaque fois son histoire tragique et cruelle). Cela permet à la fois de faire vivre le centre et de sensibiliser la population aux conséquences de ce trafic. 

Après être venus, il est arrivé que des gens envoient leur animal sauvage au centre. Le point le plus important est que ces gens n’achètent plus jamais d’animal clandestinement sur un marché, donc le problème est également endigué à sa racine : en supprimant la demande petit à petit, l’offre deviendra de moins en moins grande et les animaux seront de plus en plus tranquilles.

La mission de ce centre est donc de rétablir un équilibre dans la jungle en s’intéressant aux animaux, aux communautés locales et à la sensibilisation des touristes, potentiels acheteurs de ces animaux, à toutes ces questions.

Point de vue dans la forêt protégée Selva Viva

LES Animaux du centre

Les espèces phares de la mission sont toutes celles qu’on peut trouver dans la forêt d’Amazonie en Équateur : plusieurs espèces de singes (singes capucins, laineux, araignées, écureuils…), paresseux, peccaries, coatis, jaguars hundis, anacondas, caïmans, ocelots, toucans, aras, perroquets, perruches, amazones, tortues, tapirs…

Ce sont des espèces très prisées par les braconniers, pour leur prix sur le marché noir. Les animaux sont enlevés, transportés dans des conditions épouvantables, beaucoup meurent pendant le trajet.

Le premier enjeu est le bien-être de ces êtres vivants. Ensuite, les forêts sont dépeuplées de ces individus et leur espèce est menacée. Enfin, la chaîne alimentaire est bouleversée, et cela perturbe la survie de leurs prédateurs. Cela peut aller jusqu’à modifier le milieu naturel en question. 

  

 Singes écureuils – Anaconda – Ara

La mission

La vie sur le site est agréable mais c’est quand même en pleine jungle ! Il faut faire attention aux animaux sauvages comme les serpents et les araignées mais des consignes de sécurité sont données et respectées, et il n’y a pas de souci à se faire.

Concernant le lieu de vie, on n’est pas plus de 2 ou 3 par chambre (il y a même des chambres individuelles), il y a plusieurs toilettes / salles de bain très propres car nettoyées tous les jours, le soir on peut faire des feux de camp, on voit les étoiles, les singes passer d’arbre en arbre au-dessus de nos têtes, des chauves souris…

En semaine, tous les matins et midis une cuisinière nous fait à manger puisqu’on travaille, et on s’occupe (les volontaires) des repas les soirs, et des repas le WE (on tourne). Il y a beaucoup de travail :

  • on commence à 7h : on nettoie toutes les cages, on prépare les fruits et on nourrit les animaux
  • on prend le petit déjeuner
  • diverses tâches selon le jour : laver la bodega, chercher des feuilles, s’occuper des souris, laver les cuisines, chercher les termites, etc. 
  • visites guidées quand il y en a : ça dure environ 1h-1h30 et les groupes varient de 2 à 20 personnes. Ce n’est pas obligatoire, donc si tu n’as pas envie personne ne te forcera à en faire. Par contre, ce n’est pas si dur, et passé la première visite qui peut être impressionnante (la première tu peux la faire avec quelqu’un d’autre), on prend vite le truc : ça vaut vraiment le coup !
  • autres tâches selon les animaux qui arrivent : les soigner, fabriquer des couches, etc.
  • repas du midi
  • visites / préparer la nourriture des animaux et nourrir une deuxième fois les animaux en fin d’après midi
  • après s’être occupé des animaux, il faut effectuer une tâche par soir, répartie entre les volontaires sur la semaine (cuisiner, nettoyer les douches / wc, s’occuper des poubelles…).

Deux fois par semaine le matin, il faut monter toute la nourriture entre le fleuve et le centre qui est en haut des escaliers : c’est physique !

Et on peut se baigner dans le fleuve en face de la maison et ça, c’est un bonheur !

  

 

Le bilan

Après coup, je suis très heureuse d’avoir participé à ce projet. Ce n’était pas toujours facile, c’est beaucoup de travail, c’est éprouvant physiquement, cela demande de cohabiter avec des gens avec lesquels on ne s’entend pas toujours. Mais c’est un bel exemple de ce que peut apporter notre action à la nature et je suis fière d’avoir pu y participer. Cela m’a apporté énormément de choses. J’ai pu apprendre l’anglais et l’espagnol et cela m’a apporté beaucoup de confiance en moi, notamment grâce aux visites guidées que je donnais. Cela m’a aussi permis de vivre avec des animaux sauvages, de les aider, de les nourrir, de travailler à côté d’eux. C’était incroyable de pouvoir vivre tout ça ! J’ai aussi tout simplement aimé vivre pendant un mois dans la forêt d’Amazonie. J’ai fait des très belles rencontres et j’ai aimé vivre dans un environnement multiculturel. Ça nous permet de sortir de nos angoisses quotidiennes et ça permet aussi de se recentrer sur ce qui nous importe vraiment. 

Je recommande cette mission et je pense que leurs actions sont positives pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, Amazoonico est aujourd’hui l’un des plus grands centres de secours pour animaux sauvages d’Equateur. Il existe depuis presque 30 ans, et on peut aujourd’hui déjà observer tous les effets positifs qu’il a eu sur la préservation de la faune dans cette région. Depuis sa création, plus de 3500 animaux leur ont été confiés. Sur tous ces animaux, 1500 ont été réintroduits dans la nature en préservant son équilibre. En effet, des gardes forestiers équatoriens parcourent la jungle toute les semaines et veillent à ce que la réintroduction des animaux ne perturbe pas l’équilibre qui y règne. Lorsque j’y étais en tant que volontaire, j’ai pu passer une journée avec l’un d’eux, qui m’a montré comment il observait les animaux et quelles rondes il effectuait. En ce qui concerne les animaux qui restent sur le centre, leurs enclos sont très grands, nettoyés tous les jours, ils sont nourris matin et soir. Un vétérinaire est présent sur le site de manière permanente

Je trouve que ce centre est sérieux et que leurs actions sont réfléchies et bien organisées. Je recommande cette mission à tous ceux qu’elle pourrait intéresser !

   

 

Devenir volontaire

Les conditions de participations sont les suivantes :

  • Être majeur
  • S’engager au minimum pour 1 mois
  • Couvrir ses frais de logement et nourriture (les 250$ dont je vous parlais)
  • Avoir une attitude professionnelle
  • Pouvoir effectuer des activités fatigantes dans les conditions de la forêt tropicale humide
  • Être à l’aise à l’idée de résider dans un lieu tropical sommaire, avec peu ou pas de moyens de communication
  • Être à l’aise à l’idée de travailler et communiquer dans un contexte multiculturel
  • Parler couramment anglais ou espagnol

Pour devenir volontaire, il faut remplir un formulaire (disponible sur leur site : https://www.amazoonicorescue.org/volunteering/), procéder au paiement pour réserver sa place, et y aller ! (Tout est expliqué sur le site, et ils répondent aux questions par mail). 

Espace de détente devant la maison des volontaires

 

Les aider

Il existe plusieurs manières d’aider la structure. Se porter volontaire et aller aider sur place est la première. Si on ne peut pas se permettre de voyager jusque là-bas, on peut adopter l’un de leurs animaux (paiement tous les mois pour subvenir à ses besoins). On peut aussi leur faire un don, ce qui permettra de rénover les enclos, d’acheter des vaccins, de développer des projets de manière plus générale. Les instructions sont clairement détaillées sur le site.

Et enfin, si vous vous déplacez jusque là-bas mais que vous ne pouvez pas y travailler, vous pouvez toujours visiter le centre !

Tout est détaillé sur cette page : https://www.amazoonicorescue.org/help-us/

Coucher de soleil sur le fleuve

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