Sophie – Ecovolontariat à Merazonia (Equateur)

Merazonia

Mera, Equateur

Témoignage de Sophie (@sophiexplor) – 6 mois à Merazonia – Février 2017

Je m’appelle Sophie, j’ai 25 ans et j’effectue actuellement un tour du monde en solitaire. Avant cette aventure, j’étudiais dans le milieu des ressources humaines.

Après ma licence, j’ai eu la possibilité de partir une année à l’étranger. Grâce à un échange universitaire, j’ai étudié six mois au chili, puis j’ai décidé de consacrer mon dernier semestre à un volontariat. Passionnée de nature et d’animaux, j’ai cherché une association de protection animale. J’ai eu un coup de cœur pour « Merazonia », une association au cœur de la jungle amazonienne en Équateur.

 

La structure

Merazonia est une association située en Équateur, au cœur de la jungle amazonienne. Sa mission principale est de recevoir, sauver et soigner des animaux afin de les réintroduire dans leur milieu naturel.

Pour accéder au site, il faut prendre un 4×4 dans la ville la plus proche : Mera (d’où le nom de l’assoc’), puis traverser à pied un pont qui surplombe une rivière. Le centre est donc vraiment isolé de toute civilisation.

Toutes les infrastructures ont été construites par les deux propriétaires (une vétérinaire et son conjoint) et les bénévoles.

Le centre travaille en collaboration avec un vétérinaire et les douanes qui leurs amènent des animaux saisis.

 

LES Animaux du centre

Une des raisons pour lesquelles j’ai choisi d’être bénévole à Mérazonia est la grande diversité d’espèce sauvée. Des singes hurleurs, aux pumas, en passant par les aras et les paresseux, le centre est capable de venir en aide à la majorité des espèces issus de la forêt amazonienne.

Les animaux les plus présents sont les singes et les oiseaux. La principale menace est la déforestation et aussi le trafic d’animaux. Il faut savoir que le trafic d’animaux sauvages est le troisième trafic illégal le plus grand au monde après celui de la drogue et des armes. Ils sont souvent utilisés comme des animaux de compagnie, ou rechercher pour leurs fourrures, ou vertus médicinales, … Durant le transport, les animaux sont torturés et transporter dans des conditions difficiles.

Pangui, le puma, a par exemple été retrouvée enchainé dans la vitrine d’un hôtel… Il lui faudra de longues années avant de retrouver son instinct sauvage et être relâché.

 

La mission

Les journées à Mérazonia sont longues et intenses. Les animaux sont nourris 2 à 3 fois par jour. La manager du camp tient un planning affiché sur un tableau qui réparti les volontaires par « round d’animaux ». Par exemple, le premier jour, j’ai eu la charge de m’occuper des singes laineux le matin et l’après-midi, ainsi que des aras durant le midi.

Il y a donc trois rounds par jour, et chaque round comporte plusieurs missions :

  • Couper les fruits pour les animaux. Les plus anciens bénévoles nous apprennent quels fruits donner à quel animal et surtout comment les couper.
  • Couper des branches fraiches à l’aide d’une machette. C’est à ce moment que l’on se sent comme Indiana Jones. Il faut se frayer un chemin dans la jungle, puis couper les bonnes branches pour chaque animal. Là encore un ancien bénévole nous apprend les règles.
  • Ensuite, il faut aller nettoyer les cages des animaux des restes de nourritures, des vieilles branches et d’excréments.
  • La dernière tache est de disperser les nouveaux aliments et les branches dans les cages avant de nettoyer tout le matériel.

Il faut donc faire ça 3 fois par jour ! Ce n’est pas de tout repos. Parfois, le midi, nous ne sommes pas affectés à un round d’animal, mais à une autre mission. Il s’agit généralement de veiller à la maintenance des équipements ou de créer des enrichissements pour les animaux, par exemple, nous passons quelques heures dans les ateliers et c’est à notre imaginations de créer des jeux pour stimuler et divertir les animaux.

 

Une journée typique se passe donc ainsi :

Réveil à 7H, juste le temps d’un petit café et de s’habiller car il faut être en place à 7h30 du matin. On effectue donc le premier round avec la liste des taches décrites au-dessus jusqu’à environ 10h. A ce moment, on dispose de 30/45 minutes pour le petit déjeuner et se reposer un peu. On reprend le travail, soit avec les animaux, soit avec la maintenance du site/ou création d’enrichissement. À 13h30, on dispose d’une heure trente pour prendre le déjeuner, avant de terminer la journée par le dernier round d’animaux. La journée se finit donc vers 17h/18h. Ensuite, on dispose de temps libre pour se laver, aller nager dans la cascade, jouer aux jeux de société avec les autres volontaires, se balader dans la jungle… Le diner est préparé en commun, ceux qui ne cuisinent pas ne font pas la vaisselle et inversement !

Chaque volontaire a le droit à un jour de repos par semaine, en plus du dimanche qui est un jour ou l’on effectue qu’un round. Généralement, on en profite pour aller à Banos, la ville touristique d’à côté pour profiter des activités !

Être volontaire à Mérazonia est une réelle aventure. J’ai adoré, c’est le moment de se déconnecter, car il n’y a pas internet !

Toutes les structures sont faites en bois, il n’y a pas d’électricité et tout est pensé de façon éco-responsable. Il y a une structure principale qui comporte la grande chambre des volontaires avec environ une dizaine de lit. À l’étage principale, la pièce où l’on mange tous ensemble et passons nos soirées à jouer. Un peu plus loin, les fameuses toilettes sèches et les douches (d’eau chaude eh oui !). Juste en face du bâtiment principale, il y a la cuisine avec une gazinière, de l’eau potable, et tous les ustensiles. Cuisiner tous les soirs à la lumière de la lampe frontale reste un très beau souvenir.

Plus loin, on trouve la pièce ou l’on garde et coupe les fruits pour les animaux et un atelier « mécanique ». Encore plus loin, il y a les cages, qui sont assez dispersées et reculées les unes des autres.

Il y a toujours une bonne entente entre tous les volontaires, ainsi qu’avec tous les membres qui y travaillent au quotidien. J’ai eu la chance de rencontrer des italiens, australiens, américains, coréens, … Tous les samedis soir, on a la possibilité de se rendre en ville et dans les bars et c’est vraiment un des moments les plus insolites de ma vie. On avait prévu de partir en ville, pour y aller c’est un périple. Il faut sortir du camp, prendre un 4x4pendant 30 minutes jusqu’à Méra, puis en prendre un autre pendant 30 minutes pour arriver dans une « grande ville » : Puyo.

Pour l’unique fois de la semaine, tout le monde se fait beau. Maquillage et vêtement sexy, tout le monde est sur son 31. Et la … tempête tropicale !!! Il pleut des torrents, tout est en train de voler… L’appel de la fête est plus fort que nous, on décide quand même de partir, mais pour sortir du camp, on doit traverser à pied le petit pont qui passe au-dessus de la rivière. Mais, le petit pont a été inondé… on ne le voyait même plus ! Rien ne nous arrêtera, on enfile nos bottes de pluies et nos K-way, on traverse la rivière qui est devenue un torrent ! Évidemment, quelques-uns tombent dans l’eau, au revoir le maquillage, on rigole tous. Finalement, on arrive à traverser, prendre les deux 4×4, on va donc en ville direction la boite de nuit. Personne ne ressemble plus à rien, mais on danse tous et bois avec les équatoriens. C’était un super moment !

Ma meilleur expérience :

Au sein de la résidence, il y a un locataire de longue durée : Whistler, le Kinkajou. Le pauvre est atteint d’un trouble mental, il ne pourra donc jamais être relâché au risque de mourir en quelques heures. Pour ne pas qu’il s’ennui, tous les jours, des volontaires doivent aller jouer avec lui au moins une heure. C’est un des seuls animaux que nous avons le droit de toucher, et passer du temps avec lui reste un de mes meilleurs souvenirs. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut caresser et porter un Kinkajou. Il faut juste faire attention, car il adore mordiller, le visage surtout !

Mes mauvaises expériences :

Je n’ai pas de pire expérience, mais plutôt des petites anecdotes qui maintenant me font rire ! Un singe laineux était malade, et m’a vomi en plein dans le visage et les cheveux. Ça a bien fait rire tout le camp ! Une autre fois, je n’avais pas fait attention et j’ai marché sur une fourmilière, et finalement pleins de fourmis sont montées sur ma jambe et m’ont piqué ! C’est une des douleurs les plus vives que j’ai connu de ma vie. Elles se sont bien vengées.

 

Le bilan

Après coup, je suis vraiment fière d’avoir pu participer à cette mission. J’aimerais d’ailleurs recommencer car je pense que c’est une noble cause. J’ai pris confiance en moi, mais aussi en la bonté de l’Homme.

Le centre et la vie des volontaires sont vraiment bien organisés. C’est une super première expérience de bénévolat.

Depuis la mission, je suis devenue végétarienne. J’ai toujours été sensible à cette cause mais aimant tellement la viande, je n’envisageais pas d’arrêter. J’ai eu une prise de conscience là-bas. Dans le sens, ou je travaillais de nombreuses heures par jour, sous les pluies tropicales, en altitude, dans l’unique but d’aider les animaux. Je me suis dit « attends Sophie, il y a un problème, tu donnes toute ton énergie pour améliorer leur bien-être et les sauver, et le soir… tu manges des animaux ? Pas très cohérent ». Dès que je suis rentrée en France, je suis donc devenue végétarienne, et je ne regrette absolument pas.

 

devenir volontaire

Pour participer, il faut au moins avoir 18 ans et pouvoir rester minimum 2 semaines, ou 4 semaines durant l’été. Il faut aussi être en bonne santé et être un minimum sportif car c’est vraiment physique. Il faut aussi pouvoir parler anglais et/ou espagnol. Le plus important est surtout d’aimer les animaux.

Pour devenir volontaire, il suffit d’envoyer un mail à info@merazonia.org

Une aide de 150$ par semaine est demandée, ce qui a pour but d’amortir le coût du logement, de l’eau chaude et de votre nourriture, et aussi de contribuer à l’achat de soins pour animaux et de matériel du camp. Ce montant est dégressif plus l’on reste longtemps.

 

Les aider

Il existe de nombreuses façons d’aider la structure afin de soutenir la cause animale. La première est de s’engager en devenant volontaire. L’expérience sera autant enrichissante pour eux que pour vous !

Comme l’association ne reçoit aucune aide de l’état, il est possible de faire une donation. Vous trouverez les différents moyens de le faire sur cette page :

Vous pouvez aussi « adopter un animal » en donnant le montant de votre choix. Vous recevrez ainsi régulièrement des photos de l’animal ainsi que des nouvelles concernant son état de santé, ses interactions avec les autres animaux.

Vous n’avez ni temps, ni argent vous pouvez toujours les soutenir sur les différents réseaux sociaux ! (Facebook, Instagram). Il est aussi toujours possible de partager cet article ou le site afin de sensibiliser à cette noble cause !

Un grand merci à Sophie pour ce témoignage ! Suivez son tour du monde sur intagram : @sophiexplor

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